

Après le général Mark Welsh, commandant en chef de l'US Air Force en Europe, c'était au tour mardi du général Franck Gorenc, commandant de la 3 e Armée de l'air US basée à Ramstein en Allemagne, de venir se recueillir à l'aérostèle de l'Advancing Landing Group A16. En visite pour trois jours en Normandie, il était accompagné de 40 militaires américains et d'un historien sur la Seconde Guerre mondiale.
Accueilli par le maire André Touraine, le groupe a été reçu à la mairie, mais également au manoir des Rousselières. Là-même où à l'été 1944, l'US Air Force avait installé son PC opérationnel, et que les pilotes du 36 e Fighter Group avaient installé le leur. Eugène Groult, ancien maire de Brucheville, se souvient de la visite de la fille d'un pilote tué au décollage de son avion : « Elle avait deux ans en 1944. Elle voulait voir où son père avait vécu. Le propriétaire des Rousselières a bien voulu la recevoir. Quand elle a vu le nom et le prénom de son père toujours inscrit sur la porte d'une chambre sous les mansardes, elle a éclaté en sanglots... »
Après les honneurs rendus aux parachutistes de juin 1944, aux soldats débarqués sur les plages, l'armée américaine se souvient également de ses pilotes. Un exemple à suivre peut-être pour se souvenir aussi des pilotes français qui avaient rejoint la Royal Air Force, et qui ont payé leur tribut à la libération de l'Europe.
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« Je souhaite faire comprendre ce qui s'est passé ici, pour s'en souvenir. » Un principe qu'il appliquera dimanche, à l'occasion des Journées du patrimoine, pour une balade hors des murs du musée, « afin d'imaginer les lieux, tels qu'ils étaient en juin 1944 ». Éric Leboeuf emmènera sous son bras des photos que possède le musée, « mais qui n'y sont pas exposées ».
Cette visite guidée débutera par la présentation « de ce qu'était la zone WN5 de défense allemande, ici à Sainte-Marie-du-Mont ». Parmi les documents qu'il présentera, une photo, étonnante, d'une des brèches ouvertes par les soldats américains : « On peut toujours voir dans la dune la portion de chicane en béton. »
Éric Leboeuf évoquera durant cette heure et quart de visite, ceux qui ont joué un rôle majeur à Utah-Beach, mais aussi des aspects méconnus: « Notamment le port artificiel, comme celui d'Arromanches ou d'Omaha, qui fonctionna jusqu'en novembre 1944. On aperçoit encore des vestiges à marée basse. »
Clou de la visite: on pénètrera exceptionnellement dans la crypte sous le monument érigé par le colonel Caffey à la mémoire des soldats du génie. Un lieu habituellement fermé au public. En fait, ce sont les vestiges d'un blockhaus, où des soldats allemands s'étaient réfugiés après le Débarquement. « On ne peut pas être plus proche de l'action. »

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Le jeudi 1er septembre, à 20 h 30, l'émission estivale «C'est plus que des vacances ! » revient sur l'histoire incroyable du musée d'Utah Beach. Il y a 5 ans, David Dewhurst découvre l'histoire de son père au petit musée d'Utah Beach. Touché par l'hommage qui lui est rendu, il donne 1,6 million d'euros pour l'agrandir et le rénover.
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Parmi les invités d'honneur, sept pays étaient représentés : la Belgique, la Grande-Bretagne, le Canada, les Pays-Bas, les États-Unis, la Norvège et la Pologne.
Des centaines d'invités, venus de sept pays. L'anniversaire du D Day a été fastueux à Sainte-Marie-Mont.
« Nous sommes là pour rendre hommage aux combattants », répond Romain à la question posée. « On fête quelque chose d'important : l'exploit du Débarquement. Et nous sommes vraiment contents d'être là », enchérissent Maxime et Paul, élèves de primaire. Les 350 bambins des six écoles et du collège de la communauté de communes de Sainte-Mère-Eglise avaient revêtu des vestes de pluie jaunes, rouges, vertes, bleues et noires : « Aux couleurs des Jeux Olympiques », précise Stéphane Cachard, chargé de mission tourisme de mémoire, à Sainte-Mère-Eglise.
Cette cérémonie a été tout un sport pour les enfants qui avaient répété avec attention leurs multiples interventions. Ils devaient d'abord, former une colombe, visible de la falaise par le public entassé sur les dunes... Tout était calé, au millimètre près... sauf la marée haute. Alors, ils se sont retranchés sur la terre ferme, où, dans un champ de verdure, tels de petits soldats obéissants ils ont réalisé leur figure géométrique. Malheureusement non visible, car au niveau des spectateurs.
23 500 GI's en 1944
Mais quelle importance, l'essentiel de la cérémonie c'était bien le message « de paix et d'union » qui s'est transmis avec, d'abord, l'Hymne à la joie entonné de tout coeur par les mômes, puis par les sept nations présentes aux côtés de la France : la Belgique, les États-Unis, la Hollande, la Pologne, la Grande-Bretagne, la Norvège, le Canada. Les autorités civiles avaient pris place face au haut monument fédéral, bordé des fusiliers marins français, des parachutistes US et d'une unité de militaires Hollandais.
Ce 67e anniversaire n'a pas dérogé à la règle que s'est donnée notre patrie du vieux monde : « La France se doit d'exprimer sa gratitude à l'engagement des pays qui lui ont rendu sa liberté », tel a été le sens du message relayé par le préfet de la Manche Jean-Pierre Laflaquière, au nom du peuple et de la République. Car, ici, en fin de journée du 6 juin 1944, sur 23 250 soldats américains, 197 avaient trouvé la mort et 60 étaient portés disparus.


Le 6 juin 1944, les Marauder ont bombardé le site où se trouve le musée d'Utah Beach.
Le 6 juin 2011, un B26 y revient, mais comme pièce de collection.
Un événement qui a été rendu possible grâce « à David Dewhurst Junior, gouverneur du Texas, et son frère Gene. En 2007, ils visitent pour la première fois le musée et découvrent, dans une des vitrines qui venait juste d'être refaite, le passé glorieux de leur père, qu'ils n'ont jamais connu, car décédé en 1947, explique Isabelle Attard, directrice du musée. Chef d'escadrille de l'US Air Force, il avait participé au bombardement des blockhaus du Mur de l'Atlantique, le 6 juin 1944, à 6 h 24 ». Et de celui appelé WN5, dans lequel justement a été construit le musée en 1962. « Les deux hommes décident alors d'aider la commune à l'agrandissement et à la rénovation complète du musée et promettent d'y faire venir un B26 sur zone. »

Le musée, en travaux depuis octobre, double sa surface et passe de 1 000 m2 à 3 000 m2, dont 1 000 destinés à l'exposition du B26, sous un hangar en cours de construction.
B. Noel/Musée Utah Beach
Le B26, un faiseur de veuves
Les Texans ont tenu leurs promesses en faisant un don de 2 millions d'euros. Soit un tiers du montant des travaux qui se montent à 6 millions d'euros. Les autres financeurs étant la commune de Sainte-Marie-du-Mont, pour 1 million, et le conseil général, le conseil régional et l'État, qui apportent 3 millions.
Grâce à ces fonds, le musée, en travaux depuis octobre, double sa surface et passe de 1 000 m2 à 3 000 m2, dont 1 000 m2 destinés à l'exposition du Martin B26. « L'appareil nous est prêté gratuitement par Le Bourget, dont la politique est d'externaliser ses collections, pour une période de 5 ans renouvelable. A nous la charge du démontage, du transport et du remontage, compris dans l'enveloppe globale. »
Le musée rouvrira ses portes au public le 6 juin, en présence des frères Dewhurst et avec pour star ce B26... repeint aux couleurs de l'US Air Force. Car, actuellement, il arbore la Croix de Lorraine : en effet, ce Martin B-26G-25-MA est arrivé en France après guerre, pour servir à l'École des mécaniciens d'Air France.
Le Marauder, bombardier moyen de l'US Air Force, était surnommé par ses pilotes le « Widow maker » (faiseur de veuves), en raison d'accidents assez fréquents lors de sa période d'essai, entre 1939 et 1940. Mais au-delà de cette légende, l'histoire de la Manche retiendra de cet appareil les bombardements de 1944, préparatifs du D Day. Et surtout « cette rencontre incroyable avec deux touristes américains et les liens qui se sont formés entre eux et Utah Beach ».
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Ce B26 Marauder est un très beau témoignage historique ! Le musée d'Utah Beach exposera, à partir du 6 juin, un authentique bombardier américain de la Seconde Guerre mondiale. Actuellement, il se trouve au musée de l'Air et de l'Espace du Bourget, où il fait partie d'une collection de dix avions d'époque.
Après le démontage, courant avril, le transfert s'effectuera le 23 mai à bord de quatre semi-remorques. L'avion sera remonté à partir du 24 mai, pour être présenté dans le cadre des commémorations du Débarquement allié. Cet événement, le musée le doit à David Dewhurst junior et à son frère Gene : les fils du Major David Dewhurst, qui participa, en 1944, à la tête du 553 e escadron de l'US Army, au bombardement sur le Cotentin. En visitant le musée d'Utah, en 2007, ils avaient décidé d'aider la commune à l'agrandissement et à la rénovation complète du site et à y faire venir un B26.
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